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SANTÉ SEXUELLE DES JEUNES : ÉDUQUER POUR PRÉVENIR

Au fur et à mesure qu’ils s’approchent de l’âge adulte et deviennent sexuellement actifs, les jeunes sont de plus en plus nombreux à courir de graves risques de santé. Les maladies transmises sexuellement, y compris le sida, n’épargne aucun groupe d’âge. Selon le sondage international effectué en 1999 sur les habitudes sexuelles, 35 % des jeunes adultes actifs sexuellement ont de multiples partenaires sexuels à un moment ou un autre, et 40 % des 16 à 21 ans ont des relations sexuelles après moins d’un mois de fréquentations. Selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, nous devons accorder (professionnels et intervenants de la santé, éducateurs et parents) doivent donc accorder plus d’attention au fait que les jeunes risquent d’être exposés non seulement à une maladie transmissible sexuellement (MTS) mais également au VIH-sida.

De plus des statistiques nous révèlent que près de 45 000 adolescentes tombent enceintes à chaque année au Canada et que les adolescents comptent aussi un taux plus élevé de maladies transmises sexuellement (MTS). Le Conseil d’information et d’éducation sexuelles du Canada promouvoit l’ importance de commencer à parler de la sexualité et de la santé sexuelle dès l’école primaire, et de continuer tout au long de l’adolescence.

Les adolescents sont une clientèle à risque de plus en plus élevé des MTS et par le fait même de l’infection du VIH parce qu’ils sont au stade de la découverte de leur sexualité. Ils courent plus de risques de contacter une MTS et le VIH/sida pour des raisons biologiques, comportementales et culturelles :

 

  • Un nombre important de jeunes sont actifs sexuellement. La majeure partie des jeunes sont actifs sexuellement avant l’âge de vingt ans ; la moitié avant l’âde de 16 ans.
  • Les jeunes changent d’autant plus fréquemment et courent d’autant plus de risques de MTS qu’ils commencent tôt à être actif sexuellement.
  • Plusieurs jeunes considèrent les rapports sexuels non-protégés sans danger du fait qu’ils ont lieu avec un partenaire attitré et non pas occasionnel. 
  • Même s’ils connaissent l’existence des MTS, ils emploient irrégulièrement le condom pour s’en protéger.
  • Leur système reproductif et immunitaire encore imature les exposent à l’infection par divers agents MTS
  • Les jeunes sont en général mal informés sur les MTS, leurs symptômes, la nécessité de se faire traiter et les lieux où ils peuvent obtenir un traitement. Les MTS mal traitées rendent les jeunes plus vulnrables à l’infection du VIH.
  • Un grand nombre de jeunes connaissent des troubles psychologiques lorsqu’ils contactent une MTS. Les réactions classique de culpabilité et de honte empêchent souvent le jeune d’aller de faire soigner à temps.

Les jeunes sont aussi à la découverte de nouvelles expériences. L’alcool et les drogues font souvent parties de celles-ci. Ils adoptent alors des comportements sexuels imprudents qui peuvent avoir des conséquences très sérieuses car leur consommation peut altérer leur jugement et par le fait même diminuer leur capacité de raisonner de façon juste et prudente. 

La prévention des MTS et du sida devrait alors s’élargir au delà de l’information sur l’usage des préservatifs. Les programmes d’éducation sexuelle devraient également inclure des activités qui touchent à l’estime de soi, au sens des responsabilité, au sentiment d’avoir le "choix", à la capacité de résoudre des conflits et à une certaine maîtrise de son environnment. 

Des études publiés par l’Organisation mondiale de la santé démontrent que des programmes d’éducation efficaces ont comme but de ne pas d’encourager les jeunes à avoir des relations sexuelles mais bien à retarder leur première relation sexuelle et à utiliser la contraception de façon appropriée et ce en recevant une information complète.

LA SEXUALITÉ AU SENS LARGE

Éduquer nos jeunes à la santé nécessite une approche globale car il s’agit non seulement de transmettre des connaissances mais surtout d’influencer et de modifier leurs attitudes et comportements face à certaines situations de la vie quotidienne. Il s’agit donc de permettre aux jeunes de devinir l"acteur" principale de sa santé, de son amélioration comme de sa détérioration.

La sexualité pour les jeunes est bien plus que d’avoir des relations sexuelles. Ils ont souvent une vision plus globale du sujet que la plupart des adultes, y compris certains intervenants et professionnels de la santé. La sexualité, pour eux, englobe la personne dans son tout, c’est-à-dire avec ses sentiements, ses expériences antérieures et son désir de rencontrer. Quelque soit leur sexe, les liens affectifs et la tendresse sont primordiaux pour les jeunes. Cependant, des études mentionnent que les garçons et les filles ne vivent pas les rapports sexuels de la même manière et leurs attentes sont différentes. C’est pourquoi l’un des défis que doivent relever les programmes consiste à fournir des informations et des services de manière à persuader les jeunes d’avoir une vie sexuelle saine et à leur donner les moyens de le faire. Pour aider les jeunes dans ce sens, il faut faire appel à une variété d’activités qui conviennent aux jeunes des diverses tranches d’âge, en fonction de leur sexe, de leur orientation sexuelle et de leur expérience de la sexualité. Les programmes d’éducation sexuelle doivent élargir leur approche afin de pouvoir toucher des clientèles diverses par le truchement de messages convaincants et de services qui sont utiles, accessibles et pratiques. Les différentes perspectives doivent être prises en considération comme par exemple il est parfois très constructifs d’avoir certaines discussions mixtes, d’autre fois non.

On ne questionne pas le fait que les jeunes eux-mêmes veulent acquérir des connaissances sur la sexualité, les rapports sexuels et de la santé génésique. Cependant, il faut admettre qu’ils ne comprennent pas toujours les risques qu’ils courent et s’abstiennent souvent de se protéger. Ils n’hésitent généralement pas pour poser des questions quoique une étude faite par ONUSIDA auprès des jeunes de différents pays, démontre que « les adolescents se heurtent à des obstacles particuliers lorsqu’ils veulent obtenir un diagnostic et/ou un traite- ment ». Ils ont mentionné qu’ils craignent de consulter un service de santé et/ou un professionnel. L’adolescent, écrit-on, est mal informé, il prend de gros risques, il subit la pression de ses pairs. Une autre enquête démontrent qu’en effet 28 % des jeunes reçoivent leurs premières informations sur ce sujet de la part de leurs amis.

Il a été prouvé que la modification de leur comportement sexuel passe nécessairement par le mise en place d’interventions multi-dimentionnelles. Les programmes mis en place doivent faire intervenir autant l’école, la famille que la communauté. « Malheureusement, les parents, tout désireux qu’ils soient d’aider leurs enfants, n’ont pas toujours les outils pour le faire. Ils ne savent pas toujours communiquer avec eux de manière adéquate lorsqu’il s’agit de parler de sexualité. De plus, les enfants hésitent également souvent à les questionner et éprouvent trop de gêne à le faire » (Goldman & Golman, 1991). Le rôle que joue le milieu scolaire est aussi important, car bien souvent c’est dans cet environnement que le jeune va aller chercher son information. 

Et la communauté dans tout ça ? À long terme, les programmes de santé et d’éducation à l’intention des jeunes ne peuvent pas faire grand chose si les communautés ne reconnaissent pas que les jeunes adultes ont besoin d’aide et de conseils spéciaux si on veut qu’ils deviennent sexuellement responsables à l’âge adulte. Les communautés n’aident pas les jeunes si elles méconnaissent leur besoin de comprendre les relations sexuelles, si elles s’abstiennent de les protéger comme les mauvais traitements ou bien si elles les abandonnent en cas de grossesse ou de maladie. Les communautés doivent adopter une politique positive pour guider les jeunes et conjuguer ensuite leurs efforts pour répondre à leurs divers besoins.

CONDITIONS GAGNANTES D’UNE ACTION PRÉVENTIVE EFFICACE

Beaucoup de programmes font augmenter les connaissances des jeunes adultes en matière de santé génésique — ce qui est une première étape indispensable. Toutefois, beaucoup moins de programmes conduisent cependant à un comportement sexuel moins dangereux. Selon Douglas Kerby qui a examiné 49 projets aux Etats-Unis, a identifié différents éléments communs qui permettent une amélioration statistiquement significative d’un comportement sexuel sans danger :

  • Ils avaient un but précis : réduire les risques sexuels ;
  • Ils se fondaient sur une théorie de modification du comportement ;
  • Ils comptaient au moins 14 heures de cours ou des exercices intensifs en petits groupes ;
  • Ils employaient des méthodes pédagogiques faisant appel à la participation des élèves ;
  • Ils fournissaient des informations de base exactes concernant les risques des relations sexuelles non protégées et les méthodes de protection ;
  • Ils examinaient les pressions sociales qui poussent aux activités sexuelles ;
  • Ils renforçaient des valeurs claires et présentaient des messages qui donnaient toute leur force aux valeurs individuelles et aux normes de groupe face aux relations sexuelles non protégées ;
  • Ils présentaient des modèles de communication et de négociation et comportaient des exercices pratiques ; et
  • Ils formaient les participants à ces programmes.

Les programmes d’éducation sexuelle qui « touchent » les jeunes, répondent à leurs besoins, savent gagner leur confiance, sont offerts là où ils se trouvent et parler leur langue ont plus de chance d’amener des changements au niveau de leurs comportements. Des rogrammes ont donné les meilleurs résultats quand :

  • Ils sont soutenus par les parents et les animateurs locaux avec lesquels ils travaillent ;
  • Ils éliminent les obstacles que posent les politiques et modifient les préjugés des dispensateurs ;
  • Ils font participer les jeunes adultes à leur conception et à leur exécution ;
  • Ils disent exactement aux jeunes adultes ce qu’ils doivent faire ;
  • Ils les aident à s’entraîner à gérer leurs rapports interpersonnels afin d’éviter les risques ;
  • Ils relient les informations et les conseils aux services ;
  • Ils offrent des modèles qui rendent attrayant un comportement moins dangereux ; et
  • Ils font suffisamment d’investissements — et pendant suffisamment longtemps — pour faire la différence.

Donner de l’information n’est pas suffisant pour modifier les comportements. Seuls les programmes associant discussions en petits groupes, jeux de rôle, interrogations sur ses propres attitudes et valeurs… provoquent des changements de comportements significatifs, qui se poursuivent dans le temps et ces programmes sont d’autant plus efficaces qu’ils sont dispensés avant les premiers rapports sexuels. Ils doivent être organisées de telle sorte que les jeunes puissent discuter des questions d’ordre psychologique et social parce que pour eux ces questions sont toutes aussi importantes que les questions purement biologiques.

De plus, ces programmes doivent développer une approche plus élargie qui prend en considération le jeune comme un être entier. Alors ces progammes doivent ….

  • renforcer leurs compétences en matière de communication
  • étudier les relations de couple en évoquant les aspects émotionnels et sociaux
  • démystifier les stéréotypes masculins et féminins qui existent
  • souligner l’importance des préservatifs en cas de relations sexuelles et de rapports spontanés et leur utilisation adéquate
  • éveiller la compréhension du jeune et leur tolérences pour les comportements hors-normes
  • expliquer le sens du test de dépistage et ses limites

Pour conclure, je dirais qu’il n’y a pas de recette-miracle pour prévenir les maladies transmises sexuellements et l’infection au VIH/sida mais qu’en intervenant à divers niveaux et sur différentes facettes nous espérons pouvoir constater chez nos jeunes l’adoption de comportements sains. 

 

 

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